{"id":2831,"date":"2025-04-07T12:54:17","date_gmt":"2025-04-07T10:54:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/belgique\/"},"modified":"2025-11-18T15:39:37","modified_gmt":"2025-11-18T14:39:37","slug":"belgique","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/fr\/belgique\/","title":{"rendered":"Belgique"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group page-hero has-background is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-fe9cc265 wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"background-color:#00a3e0\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full hero-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"2560\" height=\"1728\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/PierreBelgiumHeader-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1742\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/PierreBelgiumHeader-scaled.jpg 2560w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/PierreBelgiumHeader-300x203.jpg 300w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/PierreBelgiumHeader-1024x691.jpg 1024w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/PierreBelgiumHeader-768x518.jpg 768w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/PierreBelgiumHeader-1536x1037.jpg 1536w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/PierreBelgiumHeader-2048x1382.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group wp-container-content-69bc4bdf is-vertical is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-ce155fab wp-block-group-is-layout-flex\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-0bce9ac7c3e46fdc49ee204560f2a28f\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60)\"><\/h2>\n<\/div>\n<\/div>\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Photo d\u2019en-t\u00eate (22 avril 1944) : Pierre\u202fSchon (\u00e0 droite) r\u00e9cup\u00e8re trois \u00e9vad\u00e9s aid\u00e9s \u00e0 traverser la fronti\u00e8re vers la Belgique pour les conduire dans un camp forestier. De gauche \u00e0 droite : Lollo Thines, Ug\u00e9n\u202fFelten et Robert\u202fBorman, originaires de Troisvierges. \u00a9 L.P.P.D.  <\/p>\n\n<p>Le 3 avril 1943<br\/>On ne sait pas exactement qui a pr\u00e9venu Pierre Schon que la Gestapo \u00e9tait en route pour l\u2019arr\u00eater ce jour-l\u00e0. Heureusement, quelqu\u2019un l\u2019a fait. Avec moins de 40 kilom\u00e8tres s\u00e9parant le quartier g\u00e9n\u00e9ral nord de la Gestapo \u00e0 Diekirch de la ferme familiale, la Gestapo aurait pu y arriver en moins d\u2019une heure, m\u00eame en empruntant les routes de campagne de l\u2019\u00e9poque. Cela laissa \u00e0 Pierre tr\u00e8s peu de temps pour rassembler l\u2019essentiel, dire au revoir \u2014 si tant est qu\u2019il en eut le temps \u2014 et fuir \u00e0 travers la for\u00eat dense en direction de la fronti\u00e8re belge.   <br\/><br\/>Son nom figurait sur la liste de recherches quotidienne de la Gestapo (la Fahndungsliste) pour activit\u00e9s anti-allemandes, aux c\u00f4t\u00e9s de nombreux autres class\u00e9s comme d\u00e9serteurs (Fahndenflucht), tous signal\u00e9s pour une arrestation imm\u00e9diate. Sans t\u00e9l\u00e9phone portable ni SMS \u00e0 l\u2019\u00e9poque, il se dirigea probablement vers une maison s\u00fbre en Belgique, non loin de la fronti\u00e8re, pour se r\u00e9organiser et d\u00e9cider de la suite \u00e0 donner \u00e0 sa fuite. Parmi ces maisons s\u00fbres figuraient celles de Fran\u00e7ois Bamberg (plus tard emprisonn\u00e9 \u00e0 cause de son aide), Arille Thys, chef de gare \u00e0 Tavigny, et \u00c9mile Simonis \u00e0 Rettigny, pour ne citer que quelques noms. Ce fut un v\u00e9ritable tournant.   <\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-002940bc4dd993cfbf0ca572185c0fcf\">D\u00e9j\u00e0 vu<\/h2>\n\n<p>Au d\u00e9but de la vingtaine, Pierre avait quitt\u00e9 la ferme familiale pour travailler en Belgique, o\u00f9 il fut employ\u00e9 par la famille Peltzer, grands industriels du textile \u00e0 Verviers. Il y servait comme domestique dans leur domaine, un ch\u00e2teau situ\u00e9 dans le Domaine de Nivez\u00e9, pr\u00e8s de la ville de Spa. En tant que fils cadet, Pierre \u00e9tait d\u00e9sireux de d\u00e9couvrir ce que la vie au-del\u00e0 de la ferme pouvait lui offrir, d\u2019autant plus que celle-ci devait revenir \u00e0 son fr\u00e8re a\u00een\u00e9, Nic. Il gagnait 500 francs par mois, avec logement et nourriture compris.<br\/>Quelques ann\u00e9es plus tard, Pierre se retrouvait \u00e0 nouveau dans les Ardennes belges, mais dans des circonstances radicalement diff\u00e9rentes.    <\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"560\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/BelgianID-1024x560.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1097\" style=\"width:815px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/BelgianID-1024x560.png 1024w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/BelgianID-300x164.png 300w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/BelgianID-768x420.png 768w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/BelgianID.png 1301w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Photo avec l\u2019aimable autorisation des Archives de l\u2019\u00c9tat de Belgique.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-b79941a8a80cb6c25eac778121ff7ef0\">Le r\u00e9seau belge de confiance<\/h2>\n\n<p>Depuis 1942, Pierre Schon avait mis en place un r\u00e9seau de confiance en Belgique, compos\u00e9 de familles prenant d\u2019\u00e9normes risques pour h\u00e9berger des centaines de d\u00e9serteurs luxembourgeois fuyant la conscription forc\u00e9e dans l\u2019arm\u00e9e allemande, ainsi que des prisonniers de guerre fran\u00e7ais \u00e9vad\u00e9s. L\u2019organisation op\u00e9rait entre les Ardennes luxembourgeoises et le petit village de Marloie, situ\u00e9 \u00e0 trois kilom\u00e8tres de Marche-en-Famenne. De nombreux \u00e9vad\u00e9s y furent conduits par Pierre lui-m\u00eame.   <br\/><br\/>\u00c0 leur arriv\u00e9e \u00e0 Marloie, ils \u00e9taient confi\u00e9s \u00e0 la famille de Jean Boever, qui b\u00e9n\u00e9ficiait \u00e9galement de l\u2019aide d\u2019un r\u00e9seau d\u2019autres familles belges courageuses. Jean Boever, n\u00e9 \u00e0 Helzen (Hachiville) dans les Ardennes luxembourgeoises, pr\u00e8s de Clervaux, et \u00e0 seulement 7 kilom\u00e8tres de la ferme familiale de Pierre \u00e0 Doennange, avait \u00e9pous\u00e9 une Belge de la famille Lambert. Marchand de b\u00e9tail, il \u00e9tait bien connect\u00e9 avec les nombreuses fermes de la r\u00e9gion. Les jeunes fugitifs \u00e9taient nourris, habill\u00e9s, puis plac\u00e9s dans les fermes environnantes. La famille Boever allait jusqu\u2019\u00e0 utiliser ses nappes pour confectionner des chemises pour les \u00e9vad\u00e9s.    <\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"197\" height=\"260\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/JeanBoever.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4296\" style=\"width:203px;height:auto\"\/><\/figure>\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Jean Boever &#8211; \u00a9 L.P.P.D.<\/p>\n\n<p>L\u2019organisation fut grandement soutenue par Ren\u00e9 Nicolay, chef de la gendarmerie de Marche. Sa mission principale \u00e9tait de fournir, avant le d\u00e9part des d\u00e9serteurs, de fausses cartes d\u2019identit\u00e9 et cartes de travail. Il contribuait \u00e9galement \u00e0 fournir nourriture, v\u00eatements et argent aux \u00e9vad\u00e9s. Cela concernait aussi bien les prisonniers fran\u00e7ais \u00e9vad\u00e9s que les aviateurs alli\u00e9s abattus au-dessus de l\u2019Europe, que Pierre Schon avait \u00e9galement pris en charge.   <br\/><br\/>Les Juifs fuyant le Luxembourg \u00e9taient quant \u00e0 eux cach\u00e9s dans des couvents, des fermes ou des maisons s\u00fbres en Belgique. Certains poursuivaient leur fuite vers le sud de la France puis l\u2019Espagne, dans l\u2019espoir d\u2019atteindre le Portugal pour embarquer vers les Am\u00e9riques. Parmi les plus grands r\u00e9seaux les aidant figuraient la ligne <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/R%C3%A9seau_Com%C3%A8te\">Com\u00e8te<\/a> et le r\u00e9seau <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Dutch-Paris_line\">Dutch-Paris<\/a>, actifs surtout dans l\u2019exfiltration des aviateurs alli\u00e9s abattus.  <\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"603\" height=\"848\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Escaperoutes.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2536\" style=\"width:450px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Escaperoutes.jpg 603w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Escaperoutes-213x300.jpg 213w\" sizes=\"auto, (max-width: 603px) 100vw, 603px\" \/><\/figure>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-8462f1c23a3a98f828feb00498ccb69f\">Le Maquis<\/h2>\n\n<p>N\u00e9 \u00e0 Kayl en 1912, Jules Dominique servit comme lieutenant dans la gendarmerie stationn\u00e9e \u00e0 Diekirch avant le d\u00e9clenchement de la Seconde Guerre mondiale. En septembre 1942, son engagement dans la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale contre l\u2019occupation nazie fit de lui une cible de la Gestapo. En tant que chef r\u00e9gional du groupe de r\u00e9sistance luxembourgeois LVL, il s\u2019enfuit en Belgique o\u00f9 il rejoignit l\u2019Arm\u00e9e Secr\u00e8te, la r\u00e9sistance belge. D\u2019abord membre du groupe MNB, il int\u00e9gra en janvier 1943 <em>Les Insoumis<\/em>, sous la banni\u00e8re desquels il forma et commanda une unit\u00e9 appel\u00e9e <em>Arm\u00e9e Blanche du Luxembourg<\/em>, aussi connue sous le nom de <em>Brigade du Lion Rouge<\/em>, bas\u00e9e \u00e0 Hompr\u00e9 pr\u00e8s de Bastogne.   <\/p>\n\n<p>Ce groupe, majoritairement compos\u00e9 de Luxembourgeois, comptait environ 120 membres actifs \u00e0 son apog\u00e9e, dont 21 Am\u00e9ricains, 9 Russes et 5 Belges. Jules Dominique servit aussi d\u2019agent de liaison entre la section MNB de la r\u00e9sistance belge et les groupes de r\u00e9sistance luxembourgeois. Figure charismatique, il \u00e9tait largement connu sous le surnom de \u00ab Grand Gustave \u00bb. Recrut\u00e9 par Camille Buysse en janvier 1943 pour former et diriger une \u00e9quipe d\u2019intervention de choc au sein des <em>Insoumis<\/em>, Dominique joua \u00e9galement un r\u00f4le de recruteur, aidant \u00e0 \u00e9largir les rangs du mouvement de r\u00e9sistance.   <\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"576\" height=\"421\" data-id=\"1654\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Dominique11.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1654\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Dominique11.png 576w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Dominique11-300x219.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 576px) 100vw, 576px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"571\" height=\"421\" data-id=\"1653\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Dominique12.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1653\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Dominique12.png 571w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Dominique12-300x221.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 571px) 100vw, 571px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Photo: Jules Dominique, au centre, tient une pancarte \u00ab The International Council \u00bb pour symboliser le groupe international compos\u00e9 de 4 r\u00e9sistants luxembourgeois et 5 r\u00e9sistants belges aux d\u00e9buts, \u00e0 l\u2019occasion de la nomination du Grand-Duc H\u00e9ritier Jean comme lieutenant dans l\u2019arm\u00e9e britannique. Photo \u00a9 Archives de l\u2019\u00c9tat de Belgique <\/p>\n\n<p>Peu de temps apr\u00e8s sa fuite en Belgique, Pierre devint un membre arm\u00e9 des Insoumis. Les Insoumis, qui signifie \u00ab les d\u00e9fiants \u00bb ou \u00ab les insurg\u00e9s \u00bb, commenc\u00e8rent comme un journal clandestin avant de devenir un mouvement de r\u00e9sistance regroupant 7 000 membres. Au d\u00e9but de 1944, Jules Dominique persuada Pierre Schon de commander une unit\u00e9 de Maquis compos\u00e9e de 20 \u00e0 30 maquisards, majoritairement des Luxembourgeois ayant fui pour \u00e9viter la conscription forc\u00e9e dans l\u2019arm\u00e9e allemande.<br\/><br\/>Les Maquis \u00e9taient des groupes ruraux de r\u00e9sistance op\u00e9rant en France et dans la Belgique voisine, vivant dans des camps forestiers cach\u00e9s profond\u00e9ment dans les bois pour \u00e9chapper \u00e0 la d\u00e9tection. Leurs missions incluaient le sabotage des infrastructures nazies, la collecte de renseignements sur les mouvements des troupes allemandes et le soutien aux op\u00e9rations alli\u00e9es en pr\u00e9paration de la lib\u00e9ration.    <\/p>\n\n<p>L\u2019unit\u00e9 de Maquis de Pierre \u00e9tait bas\u00e9e dans les for\u00eats denses pr\u00e8s de Lavacherie, un village situ\u00e9 \u00e0 environ 20 kilom\u00e8tres de Bastogne et 30 kilom\u00e8tres de Marche-en-Famenne. Selon Eug\u00e8ne Kremer, qui visita le camp, le toit de leur cachette \u00e9tait tiss\u00e9 de petits sapins et de bruy\u00e8res. Ils avaient confectionn\u00e9 des matelas de paille pour dormir. Des fermiers de la r\u00e9gion leur apportaient du pain, du vieux lait et un peu de viande. Occasionnellement, ils abattaient un cochon ou un mouton qu\u2019ils avaient r\u00e9ussi \u00e0 organiser eux-m\u00eames ou re\u00e7u d\u2019un fermier.<br\/><br\/>Le camp \u00e9tait situ\u00e9 \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres d\u2019un camp forestier de l\u2019Arm\u00e9e Blanche belge. Pris par surprise lorsque des forces allemandes approch\u00e8rent de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la for\u00eat, les deux sentinelles furent abattues. Les r\u00e9sistants belges eurent juste le temps de fuir, abandonnant le camp et toutes leurs affaires.       <\/p>\n\n<p>Les quartiers de vie \u00e9taient souterrains pour \u00e9viter toute d\u00e9tection. Quand le temps \u00e9tait cl\u00e9ment, les maquisards mangeaient et passaient du temps \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur o\u00f9 ils pouvaient profiter de la lumi\u00e8re naturelle. Exemple de l\u2019entr\u00e9e et de l\u2019int\u00e9rieur du Maquis de Cagna ci-dessous. Photos d\u2019archives Alamy.   <\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"681\" data-id=\"339\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Maquisoutside-1024x681.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-339\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Maquisoutside-1024x681.jpg 1024w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Maquisoutside-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Maquisoutside-768x511.jpg 768w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Maquisoutside-1536x1022.jpg 1536w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Maquisoutside-2048x1363.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"681\" data-id=\"342\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/MaquisInside-1024x681.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-342\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/MaquisInside-1024x681.jpg 1024w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/MaquisInside-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/MaquisInside-768x511.jpg 768w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/MaquisInside-1536x1022.jpg 1536w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/MaquisInside-2048x1363.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n<p>Le confort domestique \u00e9tait inexistant, tout comme pratiquement toute forme d\u2019intimit\u00e9. Trois \u00e0 quatre habitants \u00e9taient constamment de garde. Un autre couple \u00e9tait charg\u00e9 de la cuisine et de nourrir le groupe. Heureusement, Pierre et son groupe de maquisards n\u2019eurent pas \u00e0 vivre dans le camp pendant l\u2019hiver extr\u00eamement froid de la fin 1944 au d\u00e9but 1945, puisque l\u2019est de la Belgique fut lib\u00e9r\u00e9 initialement en septembre 1944.<br\/><br\/>Un certain soutien financier fut accord\u00e9 via Bruxelles pour permettre aux maquisards d\u2019acheter de la nourriture aupr\u00e8s des producteurs locaux. Lorsque les temps \u00e9taient difficiles, les maquisards n\u2019h\u00e9sitaient pas \u00e0 voler quelques \u0153ufs, du beurre ou un sac de farine dans une ferme locale. Beaucoup venaient d\u2019un milieu agricole, ils savaient donc aussi tendre des pi\u00e8ges pour attraper des lapins et d\u2019autres gibiers afin de compl\u00e9ter leur approvisionnement alimentaire.      <\/p>\n\n<p>Pierre joua un r\u00f4le cl\u00e9 de coordinateur, pla\u00e7ant avec succ\u00e8s un grand nombre de fugitifs dans diff\u00e9rents camps forestiers gr\u00e2ce \u00e0 ses liens solides avec les divers groupes li\u00e9s \u00e0 la r\u00e9sistance belge.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-c8cd8e6b3fd5c67eb0e8c10c7130a1e0\">Actes de sabotage<\/h2>\n\n<p>En mai 1944, le Maquis \u00e9tait op\u00e9rationnel et pr\u00eat pour l\u2019invasion alli\u00e9e de la Normandie, qui aurait lieu un mois plus tard.<br\/><br\/>Pierre Schon confia apr\u00e8s la guerre qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 form\u00e9 \u00e0 l\u2019utilisation des explosifs par les Britanniques. Il s\u2019agissait sans doute du SOE &#8211; (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Special_Operations_Executive\">Special Operations Executive<\/a>), c\u00e9l\u00e8bre pour collaborer avec les diff\u00e9rents maquis en Belgique et en France afin de les armer et les former pour \u00eatre aussi efficaces que possible en pr\u00e9paration de l\u2019invasion alli\u00e9e et de la lib\u00e9ration de l\u2019Europe. Le SOE fournissait \u00e0 la r\u00e9sistance locale formation, explosifs, armes et munitions, souvent parachut\u00e9s dans la for\u00eat la nuit.<br\/><br\/>Un soutien cl\u00e9 du SOE fut le Premier ministre britannique Winston Churchill, qui lui donna un mandat clair et audacieux : \u00ab Mettre l\u2019Europe en flammes \u00bb. Du mat\u00e9riel radio fut \u00e9galement fourni pour \u00e9tablir la communication avec les Alli\u00e9s. Le Maquis utilisait cet \u00e9quipement pour envoyer des renseignements vitaux sur les mouvements allemands et pour recevoir des ordres ou demandes des chefs de la r\u00e9sistance, du SOE ou d\u2019autres forces alli\u00e9es.     <br\/><br\/>Le r\u00e9seau ferroviaire dans les Ardennes \u00e9tait une voie d\u2019approvisionnement cruciale pour les Allemands, et le perturber ralentissait les renforts et la logistique. Marloie \u00e9tait un important n\u0153ud ferroviaire, et la r\u00e9sistance ciblait cette gare afin d\u2019entraver la logistique militaire allemande, en s\u2019attaquant notamment aux trains de ravitaillement allemands. Durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1944, les groupes de r\u00e9sistance men\u00e8rent des actes de sabotage sur les voies ferr\u00e9es, notamment en faisant d\u00e9railler des trains et &#8211; sauter des ponts et des voies.  <\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"762\" height=\"691\" data-id=\"3253\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IWMDerail.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3253\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IWMDerail.jpg 762w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IWMDerail-300x272.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 762px) 100vw, 762px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"658\" height=\"486\" data-id=\"3247\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Train.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3247\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Train.png 658w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Train-300x222.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 658px) 100vw, 658px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Photo \u00e0 gauche Imperial War Museum Image: IWM (HU 56936). Photo \u00e0 droite \u00a9 SDL <\/p>\n\n<p>Dans son compte rendu au Conseil National de la R\u00e9sistance luxembourgeoise, Pierre Schon a confirm\u00e9 avoir particip\u00e9 \u00e0 des activit\u00e9s de sabotage \u00e0 la gare de Marloie. Il a confi\u00e9 \u00e0 son fils apr\u00e8s la guerre qu\u2019il avait fait sauter ou d\u00e9railler plusieurs trains et pris part \u00e0 des combats arm\u00e9s contre les troupes allemandes.  <br\/><br\/>Parmi ses autres cibles, il a cit\u00e9 la Route de Marche et la Route de St. Hubert. Ces deux grandes routes traversant les Ardennes \u00e9taient des objectifs strat\u00e9giques, car largement utilis\u00e9es pour le transport des troupes et des fournitures allemandes. Les attaques de la r\u00e9sistance consistaient notamment \u00e0 d\u00e9truire (par pose de mines ou explosions) des portions de route et \u00e0 attaquer des convois allemands. L\u2019arm\u00e9e allemande \u00e9tant bien plus nombreuse et mieux arm\u00e9e, la r\u00e9sistance devait compter sur l\u2019effet de surprise, agir rapidement et avec d\u00e9termination, puis se retirer encore plus vite pour \u00e9viter d\u2019\u00eatre d\u00e9tect\u00e9e ou captur\u00e9e.   <\/p>\n\n<p>Pierre rejoignit officiellement la R\u00e9sistance belge le 15 mai 1943 et servit jusqu&rsquo;au 14 octobre 1944 comme r\u00e9sistant \u00ab arm\u00e9 \u00bb aux Insoumis, enregistr\u00e9 sous le num\u00e9ro de carte de groupe 16485. Apr\u00e8s la guerre, Jules Dominique d\u00e9crivit Pierre au Bureau de la R\u00e9sistance belge comme \u00ab le meilleur passeur de r\u00e9fractaires de tout le groupe \u00bb et le qualifia d&rsquo;\u00ab excellent \u00bb r\u00e9sistant ayant attaqu\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises les forces d&rsquo;occupation nazies et particip\u00e9 \u00e0 des combats arm\u00e9s. Sa mission principale \u00e9tait de servir comme \u00ab troupe de choc \u00bb, une troupe d&rsquo;assaut charg\u00e9e de mener des op\u00e9rations directes et souvent dangereuses sur la ligne de front contre l&rsquo;ennemi (d\u00e9raillement de trains, destruction de routes et attaque de convois de camions allemands, pr\u00e8s des villes de Bande et d&rsquo;Amberloup).  <\/p>\n\n<p>Un bref aper\u00e7u de plusieurs missions SOE britanniques men\u00e9es en 1944 en \u00e9troite coordination avec la r\u00e9sistance belge peut \u00eatre trouv\u00e9 sous l&rsquo;onglet <a href=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/fr\/archives\/\">Archives<\/a>, dans la section Archives nationales du Royaume-Uni. Il est difficile d\u2019aller plus loin car de nombreux dossiers ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment d\u00e9truits apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9, tandis que d\u2019autres restent classifi\u00e9s ou fortement expurg\u00e9s afin de prot\u00e9ger les m\u00e9thodes, les sources et l\u2019identit\u00e9 des agents et r\u00e9sistants. En travaillant en \u00e9troite collaboration, le SOE et la R\u00e9sistance belge sont devenus l&rsquo;une des organisations les plus efficaces d&rsquo;Europe occidentale en termes de sabotage et de renseignement.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-fb9c5410832563528319716f61c21179\">Renseignement<\/h2>\n\n<p>En 1942, le LPL (L\u00ebtzebuerger Patriote Liga) cr\u00e9a une branche \u00e0 Bruxelles fond\u00e9e par Charles Diedrich, permettant aux Luxembourgeois vivant dans la capitale belge de rejoindre le mouvement de r\u00e9sistance. Diedrich \u00e9tait aussi membre des r\u00e9seaux de renseignement Zero et Vic. Alphonse Rodesch, cofondateur initial du mouvement \u00e0 Clervaux, bas\u00e9 \u00e0 Bruxelles apr\u00e8s avoir d\u00fb se cacher pour \u00e9viter une arrestation par la Gestapo au Luxembourg, joua \u00e9galement un r\u00f4le important  <\/p>\n\n<p>En 1943 et 1944, gr\u00e2ce aux r\u00e9seaux radio de la r\u00e9sistance belge Zero et Clarence \u2014 le plus grand collecteur et transmetteur de renseignements recueillis par les agents du LPL \u2014 des informations cruciales furent relay\u00e9es avec succ\u00e8s \u00e0 Londres pour les forces alli\u00e9es. Clarence, l\u2019un des r\u00e9seaux MI6 les plus performants en Belgique durant la Seconde Guerre mondiale, joua aussi un r\u00f4le cl\u00e9 pour obtenir un soutien officiel et substantiel au LPL, tant sur le plan financier que mat\u00e9riel, lui permettant d\u2019aider les conscrits luxembourgeois \u00e9vad\u00e9s et de fournir de la nourriture aux camps forestiers. <\/p>\n\n<p>Le r\u00e9seau Zero maintenait des liaisons radio et courriers avec le SOE \u00e0 Londres et leurs op\u00e9rateurs au sol en Belgique ainsi qu\u2019avec les gouvernements belge et luxembourgeois en exil \u00e0 Londres, situ\u00e9s \u00e0 cinq minutes en voiture l\u2019un de l\u2019autre.<br\/><br\/>Pierre Schon servit d\u2019officier de liaison en renseignement entre le maquis qu\u2019il commandait pr\u00e8s de Lavacherie et le LPL \u00e0 Bruxelles. Il prenait le train pour Namur et Bruxelles assez fr\u00e9quemment pour rencontrer Alphonse Rodesch. Apr\u00e8s le d\u00e9barquement du Jour J en juin 1944 et l\u2019avanc\u00e9e des forces alli\u00e9es, les informations sur les mouvements militaires allemands et leurs r\u00e9seaux de communication devinrent plus importantes que jamais.  <\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"717\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PierrePortrait-717x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2478\" style=\"width:171px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PierrePortrait-717x1024.jpg 717w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PierrePortrait-210x300.jpg 210w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PierrePortrait-768x1097.jpg 768w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PierrePortrait-1076x1536.jpg 1076w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PierrePortrait-1434x2048.jpg 1434w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PierrePortrait-scaled.jpg 1793w\" sizes=\"auto, (max-width: 717px) 100vw, 717px\" \/><\/figure>\n\n<p>La collaboration entre ces r\u00e9seaux illustre la nature interconnect\u00e9e des efforts de r\u00e9sistance \u00e0 travers l\u2019Europe occup\u00e9e pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment dans le soutien \u00e0 l\u2019invasion alli\u00e9e et \u00e0 l\u2019avance de 1944.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-20e91742ee9f6810862011261bbe94ec\">Repr\u00e9sailles de la Gestapo contre la famille Schon<\/h2>\n\n<p>Pierre avait toujours craint que la Gestapo m\u00e8ne des repr\u00e9sailles contre sa famille apr\u00e8s sa mise en clandestinit\u00e9. Dans la nuit du 1er juillet 1944, cette crainte devint r\u00e9alit\u00e9. Un violent coup frapp\u00e9 \u00e0 la porte rompit le silence \u00e0 Doennange.  <\/p>\n\n<p>\u00ab Ouvrez ! \u00bb cria un officier de la Gestapo. La porte fut enfonc\u00e9e et une \u00e9quipe d\u2019agents de la Gestapo fit irruption dans la maison, se dirigeant directement vers l\u2019a\u00een\u00e9 de la famille, Nic. <\/p>\n\n<p>\u00ab O\u00f9 est-il ? O\u00f9 est-il ? \u00bb, aboya l\u2019officier, enfon\u00e7ant son arme dans le dos de Nic et le poussant de pi\u00e8ce en pi\u00e8ce pendant qu\u2019ils fouillaient la maison.<\/p>\n\n<p>Nic fut arr\u00eat\u00e9 et emmen\u00e9 \u00e0 la prison de Grond \u00e0 Luxembourg-ville, o\u00f9 il resta d\u00e9tenu du 2 au 25 juillet. Il fut interrog\u00e9 et battu \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 la Villa Pauly, le sinistre quartier g\u00e9n\u00e9ral de la Gestapo. Malgr\u00e9 les s\u00e9vices, Nic r\u00e9ussit \u00e0 convaincre la Gestapo qu\u2019il n\u2019avait ni vu ni entendu parler de Pierre depuis sa disparition pr\u00e8s de quinze mois plus t\u00f4t.  <\/p>\n\n<p>Apr\u00e8s plus de trois semaines de captivit\u00e9, Nic fut lib\u00e9r\u00e9. Il \u00e9chappa de justesse \u00e0 la d\u00e9portation \u2014 un sursis accord\u00e9 parce que la famille Schon avait perdu leur p\u00e8re en mars 1941 et comptait sur Nic pour faire tourner la ferme familiale pendant une p\u00e9riode de graves p\u00e9nuries alimentaires. <\/p>\n\n<p>Mais le traumatisme laissa une marque durable. Lorsque les Allemands lanc\u00e8rent leur contre-offensive en d\u00e9cembre 1944, Nic, avec sa jeune \u00e9pouse et nouveau-n\u00e9, s\u2019enfuit en Belgique, conscient qu\u2019il ne survivrait peut-\u00eatre pas \u00e0 une seconde rencontre. <\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-c7effba80de4c308e2295457b0f53519\">Retour au pays<\/h2>\n\n<p>Fin novembre 1944, la majeure partie du Luxembourg \u00e9tait sous contr\u00f4le alli\u00e9. Apr\u00e8s un an et demi de cavale en Belgique, Pierre Schon retourna au domicile familial de Doennange en septembre 1944, croyant que la guerre \u00e9tait termin\u00e9e. <br\/><br\/>Le 16 d\u00e9cembre 1944, les Allemands lanc\u00e8rent la <a href=\"https:\/\/luxembourg.public.lu\/fr\/societe-et-culture\/histoire\/bataille-ardennes.html\">bataille des Ardennes<\/a>, une massive contre-offensive \u00e0 travers les Ardennes. Les parties nord et est du pays, y compris Clervaux et ses environs, retomb\u00e8rent aux mains des Allemands. <br\/><br\/>Luxembourg-ville et le sud du pays furent \u00e9pargn\u00e9s d\u2019une seconde occupation nazie, les forces alli\u00e9es r\u00e9ussissant \u00e0 contenir l\u2019avance allemande dans le sud. Cependant, des r\u00e9fugi\u00e9s des zones environnantes augment\u00e8rent la population de la ville. Les p\u00e9nuries alimentaires et le manque de ressources de base \u00e9taient fr\u00e9quents, et les habitants vivaient sous la menace constante des bombardements et des tirs d\u2019artillerie.  <br\/><br\/>De nouveau, Pierre fut contraint de fuir son domicile dans le nord pour \u00e9viter arrestation et mort certaine. \u00c9galement pour \u00e9pargner sa famille de nouvelles repr\u00e9sailles nazies. <br\/><br\/>Le Luxembourg fut enti\u00e8rement lib\u00e9r\u00e9 fin janvier 1945. Pierre revint enfin chez lui le 1er f\u00e9vrier 1945 d\u00e8s que cela fut s\u00fbr, quittant son r\u00f4le de chef du Maquis belge en septembre 1945. <\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-10a96c0f4d052944aa5a41dcb9b83401\">Galerie<\/h2>\n\n<p>La ville de Luxembourg fut lib\u00e9r\u00e9e par les forces alli\u00e9es le 10 septembre 1944, principalement par la Troisi\u00e8me Arm\u00e9e du g\u00e9n\u00e9ral Patton, qui entra dans la ville et fut chaleureusement accueillie par la population apr\u00e8s pr\u00e8s de quatre ans et demi d\u2019occupation nazie.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-4 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"755\" height=\"532\" data-id=\"469\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/ReturnPriceFelix-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-469\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/ReturnPriceFelix-2.png 755w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/ReturnPriceFelix-2-300x211.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 755px) 100vw, 755px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"887\" height=\"642\" data-id=\"474\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/UStroopsCathredal-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-474\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/UStroopsCathredal-2.png 887w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/UStroopsCathredal-2-300x217.png 300w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/UStroopsCathredal-2-768x556.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 887px) 100vw, 887px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n<p class=\"has-small-font-size\">En haut \u00e0 gauche : Les citoyens accueillent le prince F\u00e9lix le 10 septembre 1944. Photo \u00a9 ANLux FD 005-02-011. \u00c0 droite : Troupes am\u00e9ricaines devant la cath\u00e9drale de Luxembourg. Photo US Army \u00a9 ANLux FD 005-02-004<br\/><br\/>    <\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-5 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"649\" data-id=\"478\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/INCONNU_1940-45_0030_5533_PM-1-1024x649.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-478\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/INCONNU_1940-45_0030_5533_PM-1-1024x649.jpg 1024w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/INCONNU_1940-45_0030_5533_PM-1-300x190.jpg 300w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/INCONNU_1940-45_0030_5533_PM-1-768x487.jpg 768w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/INCONNU_1940-45_0030_5533_PM-1-1536x973.jpg 1536w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/INCONNU_1940-45_0030_5533_PM-1-2048x1297.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"709\" data-id=\"480\" src=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/INCONNU_1940-45_0028_5470_PM-1024x709.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-480\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/INCONNU_1940-45_0028_5470_PM-1024x709.jpg 1024w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/INCONNU_1940-45_0028_5470_PM-300x208.jpg 300w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/INCONNU_1940-45_0028_5470_PM-768x532.jpg 768w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/INCONNU_1940-45_0028_5470_PM-1536x1064.jpg 1536w, https:\/\/www.pierre-schon.lu\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/INCONNU_1940-45_0028_5470_PM-2048x1419.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n<p class=\"has-small-font-size\">En haut \u00e0 gauche : Troupes am\u00e9ricaines d\u00e9filant dans le centre-ville. \u00a9 Phototh\u00e8que de la ville de Luxembourg. \u00c0 droite : Foule rassembl\u00e9e devant l\u2019h\u00f4tel de ville.  \u00a9 Phototh\u00e8que de la ville de Luxembourg. Auteur inconnu.<\/p>\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-a89b3969 wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button\"><a class=\"wp-block-button__link wp-element-button\" href=\"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/fr\/france\/\">Suivant<\/a><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Photo d\u2019en-t\u00eate (22 avril 1944) : Pierre\u202fSchon (\u00e0 droite) r\u00e9cup\u00e8re trois \u00e9vad\u00e9s aid\u00e9s \u00e0 traverser la fronti\u00e8re vers la Belgique [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"footnotes":""},"class_list":["post-2831","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2831","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2831"}],"version-history":[{"count":42,"href":"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2831\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4301,"href":"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2831\/revisions\/4301"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pierre-schon.lu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2831"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}